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Les étangs de la Dombes

Aux origines des «mille étangs » de Dombes

L’étang Neyrieux à JoyeuxLa Dombes, « pays aux mille étangs », a été aménagée par l’homme dès la fin du XIIe – début du XIIIe siècle. Le sol du plateau dombiste, issu des formations glacières ayant déposé d’épais alluvions argileux, est favorable à la rétention des eaux en surface. Les recherches historiques montrent que les étangs ont été créés pour répondre à différents besoins : assainir les zones marécageuses, obtenir un meilleur rendement de ce sol ingrat pour la culture et permettre un système d’exploitation agricole peu exigeant en main-d’œuvre. Vaches se baignant dans l’étang de Versailleux L’une des premières mentions d’un étang dans les archives remonte à 1230, date à laquelle Marguerite de Beaujeu donne à la chartreuse de Poleteins (Mionnay) divers biens parmi lesquels un étang aménagé. La mise en place des étangs est le fait de communautés religieuses et de nobles laïcs, seigneurs de la Dombes, ecclésiastiques ou non.

Ce texte de 1386 sur parchemin est une convention portant sur l’aménagement d’un étang : Pierre de Buliers, percepteur de la Commanderie des Feuillées de l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, et Pierre Meyssonnas, de Chalamont, s’engagent à faire construire et édifier ensemble un étang dans la queue de l’étang de Montholon à Chalamont. Les parties se partagent le produit de la pêche et Pierre de Meyssonnas récolte les fruits cultivées pendant l’assec Le fonctionnement et la législation des étangs au Moyen-Age sont connus essentiellement par les traités de droit, les comptes de châtellenie et les titres de propriété. Tout paysan pouvait construire un étang en demandant l’autorisation au seigneur. Un acte officiel était signé devant notaire, « l’abergeage », et donnait généralement lieu au paiement d’une redevance appelée « introge ». Ce terrier (vers 1410) énumère l’ensemble des propriétés situées dans le fief de Montribloud. Le seigneur Eudes de Villars percevait une redevance sur de très nombreux étangs. Au XVIIIe siècle, un tiers de la Dombes est creusé d’étangs et fonctionne selon un système agro-piscicole performant et rentable. Le poisson se vend bien, notamment en raison des obligations religieuses, les vendredi, samedi et localement mercredi ainsi que certaines fêtes calendaires sans viande. La « Coutume des étangs » est un traité sur le fonctionnement et les principes d’exploitation des étangs en Dombes. Manuscrit de J. B. Riboud dit l’aîné, vers 1770

Pour comprendre le fonctionnement d’un étang : L’organisation d’un étang en DombesUne pêche en Dombes au début du XXe siècle

Un système fragilisé mais préservé

Dès la Révolution, on remet en cause l’utilité des étangs et leur assèchement est envisagé en vue d’augmenter les surfaces cultivables. Une ordonnance de 1790, renouvelée en 1793, prévoit l’assèchement de toutes les terres inondées de France, mais le texte fut abrogé par le Directoire. En 1808, le débat est relancé par un rapport du préfet de l’Ain Bossi qui dresse un portrait peu flatteur du dombiste et met en cause l’insalubrité de la région. Une importante polémique est entretenue à ce sujet, alimentée en son temps par Edgar Quinet. Une nouvelle loi votée en 1856 et la création de la voie ferrée Bourg-Lyon aboutissent à la suppression de près de la moitié des étangs en un siècle. Extrait de la carte hydrographique de la Dombes, 1857De nos jours, la Dombes représente 18% de la surface nationale des étangs exploités. Il sont gérés par environ 300 pisciculteurs qui produisent 21% de la production nationale de poissons, dont 27% des carpes et 27% des brochets d’élevage français. La moitié est destinée au marché et l’autre moitié au repeuplement des étangs par les sociétés de pêche.

La pêche d’étang

Ce mode d’exploitation du sol en Dombes est basé sur l’alternance entre périodes de mise à sec (assec) vouées à l’agriculture, et périodes de mise en eau vouées à la pêche (l’évolage). Autrefois, c’est l’avoine qui dominait la production céréalière pour nourrir les chevaux, supplantée en grande partie aujourd’hui par le maïs. Les étangs représentent environ 15% de la surface agricole disponible en Dombes. Fête du poisson en Dombes : scène de labour (assec) L’évolage se termine toujours par une pêche dont les techniques et le matériel ont peu évolué au cours des siècles. Nécessitant un organisation bien rodée, la pêche en Dombes dans les lueurs de l’aube reste un spectacle unique…

Musée virtuel de la Dombes

Pour mettre en lumière ce patrimoine d’exception, l’association pour la mise en valeur de la Dombes a mis en ligne en 2014 un site internet thématique. Pour visiter le musée virtuel : http://www.museedeladombes.fr/vtour/tour.html

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